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Coups de coeur, coups de gueule, critiques et autres avis tranchés sur à peu près tout

Off 2026, Jour #3 : Une très belle journée

Après le yo-yo émotionnel d’hier (lire par ici…), cette 3ème journée a été sans fausse note, avec uniquement des spectacles de qualité ou de grande qualité.

Commençons par le Top de la journée : « Thelma, Louise et nous ». Cette pièce signée et mise en scène par Anna Pabst, Nolwenn Le Doth et Nicolas Bonneau n’est autre que l’histoire de Cyrielle et Anna (au hasard le prénom des 2 actrices au plateau Anna Pabst et Cyrielle Voguet), deux femmes actuelles dont on suit le parcours et l’évolution de leurs rapports au travers du film « Thelma et Louise ». Sororité, rapports aux hommes, violences faîtes aux femmes : tout est évoqué via des références au chef-d’œuvre de Ridley Scott. Mais ne fuyez pas : tout est subtil, tout est parfaitement posé au travers d’une mise en scène et d’une scénographie ingénieuses (Cyrielle Voguet, Claire Gringore, Nicolas MaisseJuliette BesançonAnne Dumont).
Pour donner vie à Cyrielle et Anna et pour qu’elles ne souffrent pas de la comparaison avec Thelma et Louise, il fallait un couple irréprochable. Et soyons clair : Anna Pabst et Cyrielle Voguet le sont. Tantôt Thelma et Louise, tantôt Cyrielle et Anna, tantôt Brad Pitt, tantôt un gros dégueu de chauffeur routier, tantôt tous les autres principaux protagonistes du film, elles enchaînent les personnages avec une énergie débordante, comme si leur vie était en jeu. Un peu comme dans le film, en fait. Difficile d’imaginer ce « Thelma, Louise et nous » sans elles !

Deuxième coup de cœur de la journée : « Darius ». La pièce de JB Patricot voit Claire mettre au défi Paul, un grand parfumeur retiré des affaires : sera-t-il capable de créer des parfums qui permettront à son jeune fils immobilisé de se souvenir des voyages et des moments précieux qu’ils ont partagés ? Un thème très original (les essences peuvent-elles faire revivre les souvenirs ? Peuvent-elles permettre à l’absent de continuer à voyager ?), un jeu ciselé du duo Catherine HauseuxFélix Pruvost : un excellent moment.

Jamais deux sans trois ? Alors le 3ème coup de cœur sera pour « Rosy et moi – 274 jours », l’histoire de Valentine (Marine Barnérias dans la vraie vie) qui croque la vie à pleines dents avant d’apprendre qu’elle est atteinte d’une sclérose en plaques et qui décide de partir seule faire un tour du monde de 274 jours en quête de résilience, de découverte d’elle-même et à la recherche de rencontres qui changeront sa vie. Pour incarner ValentineMarine, Elodie Menant, seule au plateau dans le rôle de tous les personnages. Une boule d’énergie et de sensibilité !

On termine la soirée avec « Conversation en Sicile » et « Et si je n’avais jamais rencontré Jacques Higelin ».
Dans le premier, Raouf Raïs donne vie à Sylvestro, pas en grande forme moralement. Il reçoit un jour une lettre de son père lui annonçant qu’il quitte sa mère et lui demandant de la rejoindre en Sicile. A ses côtés, une étonnante Garance Robert de Massy l’aide à donner vie à tous les personnages qu’il va croiser au long de son périple intérieur.

Dans le second, Zoon Besse nous livre un récit autobiographique, témoignage intime dans lequel il montre comment une œuvre et un artiste peuvent transformer une existence, la sienne en l’occurrence. Elans, excès en tous genres, ruptures et renaissances, tout y passe. Et c’est d’ailleurs sans doute cette sincérité, cette authenticité qui touche et qui émeut. Et puis bien sûr les paroles de Jacques Higelin qu’il fredonne, chantonne, susurre ou hurle. Très touchant, très émouvant.

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