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Off 2026, Jour #2 : Le journée des extrèmes

Si hier je faisais le pari de tenir le choc du Off 2026 dès la 1ère journée avec « Le Souffleur » (lire par ici…) je peux faire ce soir le pari de tenir en ce 2ème jour le bide – si ce n’est l’arnaque – de cette édition. Je parle ici de « La vaste lamentation 2.0 » de Yuyang Cheng donné au Théâtre de Notre-Dame.
Si l’on s’en tient à la feuille de salle, on parle là d’un spectacle donné dans sa « version internationale », un spectacle « où réflexion spatiale et médias numériques se répondent », une œuvre dans laquelle « l’usage de la lumière, des images numériques et de dispositifs interactifs recompose des imaginaires mythologiques, donnant forme à un langage visuel où réel et virtuel s’entrelacent », le tout grâce à un « dispositif XR qui transforme la représentation en une expérience qui entoure le spectateur ». Excitant non ?
Au final, on se retrouve avec une salle dont les 5 premiers rangs ne sont pas accessibles aux spectateurs parce qu’utilisés de manière tout à fait accessoire par 2 ou 3 danseurs (sans doute est-ce là la « réflexion spatiale »), un gros ballon de 3 mètres de circonférence que l’on pousse ou tire sur la scène (le « dispositif interactif » ?) et 2 ou 3 vidéos sur un écran en fond de scène (le « dispositif XR » à coup sûr). Quant aux 5 danseurs, ils passent plus de temps à tourner sur eux-mêmes en moulinant trèèèèèèèèèèèès lentement des bras qu’à danser ! Je te le demande, Marie (et aux autres amateurs) : c’est de la danse, ça ? Cerise sur le gâteau de la tarte à la crème du spectacle de fin d’année d’école primaire pour conserver l’idée d’une « représentation en expérience qui entoure le spectateur » : on termine en tentant de convaincre les pauvres spectateurs de rejoindre tout ce petit monde sur scène !
Mis à par la musique dont on ne nous dit même pas de qui elle est signée (tout est décidément fait à l’envers dans cette production), rien à sauver de cette tartufferie.

A l’autre bout de l’échelle de Richter des émotions et en toute fin de journée, l’émotion Vanasay Khamphommala. Le pitch est simple : pendant le confinement et parce qu’il lui fallait bien manger, Vanasay Khamphommala a proposé à des gens d’aller chez eux chanter nue quelques chansons en échange d’un repas. Elle propose au In d’Avignon une version courte par créneaux successifs de 6 minutes intitulée « Je te chante une chanson toute nue en échange d’un verre » : avant d’entrer dans la salle, 8 spectateurs se mettent d’accord sur le titre qu’il lui sera demandé d’interpréter (une préliste de 10 titres est fournie), pénètrent ensuite dans la salle et s’assoient sur un petit tabouret métallique en demi-cercle devant elle. Après les présentations d’usage et le verre symbolique servi par l’un des 8, déshabillage et chanson. En l’occurrence « La dramaturgie », la seule chanson de Vanasay Khamphommala au programme. Des paroles bouleversantes, une voix particulièrement douce, qui susure presque plus qu’elle ne chante, très légèrement accompagnée corde à corde au ukulélé et c’est un torrent d’émotion qui embarque les heureux présents. On en ressort totalement retourné !

Egalement dans cette journée un Christophe Alévèque au meilleur de sa forme dans un rôle qu’on lui connaît moins d’interprète, en l’occurence d’excellent interprète du désopillant texte de Hervé Le Tellier (Prix Goncourt 2020) « Moi et les Présidents », un Bruno Coppens à l’énergie et à la finesse débordantes dans « Ma 9ème symfolie », le très intéressant « Soprane » de Jeanne Crousaud malgré une voix à laquelle je suis peu sensible ou le « Hamlet (ou presque) » du duo Marie-Anne FavreauValerio Zaina, une vraie réussite.

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