Quel rapport entre Fanny Cottençon et un orchestre mandolines/guitares ? Aucun ! Mais je vous rassure : cela n’a pas empêché les heureux participants à cette 3ème journée d’Escales en Musique #9 de passer une bien belle soirée !
En ouverture de programme, Fanny Cottençon a inauguré un nouvel espace extérieur dans la commune de Rougement-le Château : le pré sur le côté de l’église. Un pré, un superbe marronnier, une estrade, une petite table verte, un parasol vert lui aussi, une chaise et un pied de micro. En fond, donc, l’église. La carte postale est superbe. Ne restait plus qu’à proposer un texte à la hauteur de l’endroit et de la lectrice, ce qui fût fait avec Les Demeurées, de Jeanne Benameur.
Un texte aussi court que fort, aussi bref que dense, dans lequel chaque mot fait mouche. Et comme si cela ne suffisait pas, Fanny Cottençon ne se contente pas de le lire mais elle le vit, elle l’interprète. Tout simplement, avec son bras, sa main. Si l’une tient le texte, l’autre – ornée d’une superbe bague verte elle aussi – s’ouvre, se referme, se tend. Ici un doigt simplement pointé, là un poing serré. Chaque détail contribue à donner vie à Luce, la Varienne et Mademoiselle Solange. On perçoit même un sanglot dans la voix et quelques larmes dans les yeux de certains.

Ambiance totalement différente en soirée avec les 30 musiciens de l’Orchestre de Mandolines et Guitares de Remiremont, un ensemble d’amateurs éclairés – dans le sens le plus noble du terme – qui trouve ses origines dans les années 30 avant d’évoluer sous plusieurs formes jusqu’aux années 50 qui verront la famille Zaug en prendre les rênes, d’abord avec Gilbert puis maintenant avec son fils Pascal. Un programme éclectique ce samedi avec par exemple Boden (Tango triste), Jean Sibelius (Valse triste), Caccini/Vavilov (Ave Maria) ou encore du plus accessible Vladimir Cosma (Le Château de ma mère) ou Elton John (Crocodile Rock). Certains morceaux sont accompagnés de chœurs produits par les musiciens eux-mêmes, comme sur The Sound of Silence de Paul Simon, l »un des climax de la soirée avec La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák.
Mandolines, mandoles, mandoloncelles et guitare avec leur section rythmique contrebasse-percussions : une suite logique dans la programmation avec le duo Julien Martineau – Philippe Mouratoglou de la veille à Auxelles-Haut.
Un superbe succès public avec des spectateurs visiblement tout aussi heureux de ce qu’ils ont entendu que les artistes de ce qu’ils ont joué.

Deux salles, deux ambiances disais-je, oui. Mais deux ambiances de qualité.

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