Comme l’année dernière avec « Jamais » de Matthieu Poulet (lire par ici…), je me demande si la claque de ce Off 2026 d’Avignon n’est pas tombée dès le premier jour. Parce que oui, « Le souffleur » a tout pour être LE spectacle de l’année. Comme l’a été avant lui « Jamais » en 2025 donc, « Madame Arthur fait son opéra » en 2024 ou encore l’inoubliable « Geli » en 2023 (par ici…).

« Le Souffleur », c’est l’incroyable histoire (vraie) d’Ildebrando Biribò, souffleur de la première mondiale de « Cyrano de Bergerac », retrouvé mort dans son trou à la fin de la représentation. Voyant qu’un auteur du nom d’Emmanuel Vacca s’est mis en tête d’écrire une pièce sur le moment de sa mort, Il décide alors de revenir sur terre pour interpréter son propre rôle, philosophant à l’occasion sur les turpitudes des humains, le théâtre, les acteurs, la vie… et lui-même. C’est tout à la fois profond, drôle, ou encore émouvant.
Dans le rôle-titre, l’épatant Paolo Crocco. Il est assisté bien entendu (citons Fabio Marra à la collaboration artistique ou encore Luc Dégassart aux lumières et Pauline Zurini aux costumes) mais ce ne sera faire injure à personne que de dire que la qualité de ce spectacle lui doit beaucoup, pour ne pas dire presque tout, puisqu’il signe également une mise en scène d’une inventivité peu commune.
On sort de là en ayant ri (beaucoup), réfléchi (aussi), pleuré (un peu). Après tout, n’est-ce pas ce que l’on demande au spectacle vivant ?

Juste avant le choc du souffleur, en guise de mise en bouche de cette première journée, « Juliette & Roméo » version danse. Je vous épargne un pitch sans doute connu de tous pour souligner l’excellent travail chorégraphique de Tamara Fernando et Matthew Totaro sur une musique absolument superbe signée pour l’occasion par Fabrice Aboulker (Marc Lavoine, Michel Delpech, Florent Pagny entre autres…) et l’interprétation non moins excellente de Maeva Lassere et Pierre D’haveloose, accompagnés au chant par Charlotte Avias dans le rôle de la récitante Soeur Laurence.

Au programme également un fort sympathique « Notre Futur », pièce de Georges Feydeau en 1 acte ponctuée ici d’airs d’opéras ou d’opérettes (Offenbach, Mozart, Puccini entre autres…). C’est facile mais fort bien interprété, par Tahoe Brochet au piano, Lucie Le Blanc (qui signe également la mise en scène) et surtout Katia Labarbe à la voix d’une subtilité et d’une sensibilité assez étonnante.


Pour compléter la journée, « Vermeer et son faussaire », passionnant en termes d’histoire mais plus proche de la conférence que du théâtre malgré l’interprétation impeccable de François Barluet et Benoît Gourley et « Pulpit » de la compagnie Désacorpsdé. Un texte de Jasmine Bouziani sur la peau élément essentiel du lien, de la mémoire et de la sensation chorégraphié pour avec Coline Robert et Pierrot Leras qui s’ils sont justes techniquement peinent à émouvoir.

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