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Inoubliable Ptit Dom

Ptit Dom et sa cuisine du Monde, c’est grâce au Covid qu’on les a connus. Grâce à ses restrictions de 20 kilomètres fin 2020 et grâce au superbe Marché du Mas du Pont créé par Fanny Vélas dont il faut bien dire qu’il était alors le point de passage incontournable parmi les commerçants présents.

Dès la première fois on a compris à qui on avait affaire tant le bonhomme s’est montré généreux. Dans les quantités déjà, mais aussi et surtout dans les relations humaines. Ceux qui voulaient faire un achat rapide et impersonnel comme à l’hypermarché devaient passer leur chemin ! Ici, on prend le temps d’expliquer, de détailler, de discuter avec son client… qui rapidement devient plus qu’un client. « Chez Léon, tout est bon » disait-on au sujet d’un très vieux restaurant. Eh bien c’était pareil chez Ptit Dom : tout y était excellent. Même les classiques rougail-saucisses, lamelles d’encornets ou autres poulets-coco étaient réhaussés par la qualité des produits et des épices utilisés. Quant aux plus originaux caris de cabillaud-kumbawa, joues de bœuf crème betterave et autres mogettes et confit de canard… Un régal ! Après avoir eu plusieurs vies (vendeur, cadre RH dans une grosse société), il avait décidé de vivre enfin de sa passion.

On sentait malheureusement que le rêve ne durerait pas et que la taille de l’étal de Ptit Dom et celle du marché ne colleraient pas forcément pendant des décennies. Il ne s’en cachait d’ailleurs pas. C’est ainsi qu’un jour ce n’est plus au Marché du Mas du Pont mais dans son laboratoire du Crès qu’il fallut aller s’approvisionner, en tout cas pour ceux du dimanche qui ne pouvaient être présents la veille au marché de Castelnau où là aussi il exerçait avec talent.
Pour être honnête, en termes d’environnement le choc a été rude tant le Mas du Pont est un cadre idéal. Mais l’essentiel est resté sauf : la qualité, les quantités et surtout le bonhomme, notre Ptit Dom. Comme au Marché du Mas, le labo de Ptit Dom on sait quand on y arrive, pas quand on en repart ! Ca commence par un café – voire un punch maison – et puis ça discute, ça philosophe sur la vie et le métier, ça parle cuisine avec des étoiles dans les yeux, ça fustige les « collègues » qui proposent du « fait maison » tout droit sorti de Métro, ça parle projet, ça parle avec les autres clients/amis de passage au même moment… Et puis on repart avec 5 ou 6 plats pour le début de semaine, des plats qu’encore une fois on a presque la sensation de ne pas payer le juste prix eu égard à la qualité des produits et des quantités servies. Sans parler du petit truc en plus comme par exemple une de ses purées de piments exceptionnelles ! Tout ça une quarantaine de weekends par an en comptant les congés.

Et puis un jour d’été 2025, en plein Off d’Avignon, la nouvelle me parvient. Au milieu d’une belle journée et d’un déjeuner fort sympathique, avec quelques jours de retard mais elle me bouleverse d’autant plus. Alors Ptit Dom, c’est fini ? Mais vraiment fini ? Aujourd’hui encore, j’ai du mal à m’y faire… On avait évoqué plein de choses, des difficultés, des projets… Mais ça… On sait bien que la Grande Faucheuse ne prévient que rarement mais là… A 56 ans…
Ptit Dom, merci pour tout ce que tu nous as apporté que ce soit sur le plan culinaire ou sur le plan humain, toi pour qui les mots « rassembler » et « partager » semblent avoir été créés. J’ai beau me dire que tu cuisines maintenant pour les anges et qu’ils ont bien de la chance, tu vas sacrément nous manquer…

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