Deux salles, deux ambiances ces 30 et 31 juillet dans le très bel écrin des anciennes carrières de Rognes.
C’est Elias Vollmer et son trio qui ouvrent le bal de ces deux jours avec un programme intitulé « Vices et versa ». Accompagné de Johann Greve à la contrebasse et de l’excellent Steven Moser à la batterie, le pianiste d’origine américaine mais formé en Allemagne alterne les standards qu’il revisite et les compositions comme il alterne les morceaux endiablés et les morceaux plus subtils et plus raffinés. Sa musique évoque « les tiraillements de notre époque – entre surcharge d’information et besoin de silence, entre urgence climatique et inertie collective, entre individualisme numérique et quête de lien humain » comme l’annonce la feuille de salle. N’y a-t-il pas d’ailleurs un jeu de mots dans le titre du programme lui-même ?
Entre deux morceaux et dans un français quasi-parfait (il termine le jour-même son programme Erasmus), Elias Vollmer fait également part de son plaisir d’être là avec des mots simples et touchants, un peu comme un enfant ravi devant le cadeau qu’on lui fait. « Merci de votre confiance » dit-il, « car en vrai, avant ce soir, aucun d’entre vous ne nous connaissiez » dit-il ainsi. Pourtant, ce soir, le cadeau c’était aussi un peu pour nous.

Le lendemain, c’était le retour à Rognes de Clélya Abraham, 3 ans après un premier passage remarqué pour la présentation de son premier album « La source ». Même contexte ici avec cette fois son nouvel album intitulé « Atacama » en référence au désert du même nom, connu pour être sans doute le meilleur point d’observation, site exceptionnel pour l’observation du ciel en raison de l’extrême sécheresse qui y règne combinée à l’altitude (4.500m au point le plus haut) et à la très faible pollution lumineuse. On frôle parfois le mysticisme (les morceaux s’intitulent ainsi « Mystique » ou « Sérénité ») et la recherche intérieure « Dear soul ») mais d’une manière extrêmement vivante et accessible tant le mélange des genres jazz moderne, influences caraïbéennes ou encore classiques produisent des effets ébouriffants.
Comme la première fois, c’est l’étonnant Samuel F’hima qui accompagne Clélya Abraham à la contrebasse. Le quartet version 2025 est complété à la guitare par le non moins étonnant mais surtout créatif Kévin Lazakis (on a parfois l’impression que sa guitare chante) et par la diabolique Ananda Brandão à la batterie et à l’accompagnement vocal sur « Dear soul », éblouissante toute la soirée et exceptionnelle sur « Célébration ». « Intense et organique » nous avait dit la feuille de salle à propos de la franco-brésilienne : force est de reconnaître qu’il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise !
Les presque deux heures de concert non-stop passent à la vitesse de la lumière et on a qu’une seule hâte : accueillir à nouveau Clélya Abraham pour son 3ème album !

Quelques photos de ces deux soirées…















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