24 heures de repos après le Off d’Avignon et zou : direction Sisteron et sa Citadelle pour la 70ème édition des Nuits de la Citadelle. Soirée Natalie Dessay. Et moi, Natalie Dessay, c’est toute ma vie d’amateur d’Opéra. Un jour j’écrirai quelques lignes sur le sujet… Direction donc le concert de Natalie avec son mari Laurent Naouri et leurs enfants Neïma et Tom, la petite famille étant également accompagnée musicalement par quelques pointures : Benoît Dunoyer de Segonzac à la contrebasse, Nicolas Montazaud à la batterie et l’incontournable Yvan Cassar au piano et aux arrangements.
C’est par un quatuor a capella que la soirée commence, Laurent Naouri assumant ensuite très rapidement la notion de « show familial ». C’est d’ailleurs toujours avec un certain humour qu’il ponctuera ses quelques interventions de la soirée, comme par exemple un touchant « allez les enfants il faut y aller, après c’est maman qui commence » à l’entame d’un nouveau quatuor mené par Natalie Dessay.
A ses côtés, le fils Tom Naouri, seul à présenter la particularité d’être chanteur et instrumentiste, en l’occurrence saxophoniste. Alternant les deux emplois bien que grand débutant sur le plan vocal – il lancera un de ses airs en avouant que c’était la première fois qu’il chantait ainsi seul sur une scène – il a toutefois bien sa place dans le cadre de ce « show familial ».

Et les filles dans tout ça me direz-vous ?
La version jazzy des arrangements d’Yvan Cassar est un régal à elle toute seule. Un choix artistique fort qui permet également à Natalie Dessay d’être plus en mode « club », de ne jamais réellement pousser sa voix. Etonnamment on la sent même parfois presque sur la retenue. Et même si cela lui donne l’occasion de ciseler quelques morceaux d’une belle sensibilité (« Mother and Child » ou « Between yesterday and tomorrow » de Michel Legrand par exemple), on est loin de la performance vocale époustouflante de Gipsy qui valide 1000 fois pour 1 sa reconversion et l’ensemble reste un peu sage.
Celle qui brûle les planches en revanche, c’est Neïma Naouri. Quel talent dans la voix (on sent bien que ce type de musique est sa formation d’origine), quelle présence sur scène ! C’est ce que l’on appelle transmettre. Aucune de ses interventions ne laisse indifférent, que ce soit en solo (« Luck be a lady tonight » de Franck Loesser), en quatuor (« Smile » de Charlie Chaplin) ou en duo, comme celui si touchant, si émouvant qu’elle interprête avec son frère sur « You’ve got a friend » de Carole King. Et même si la finesse de sa voix (« Papa, can you here me » tiré de Yentl) ou ses incroyables vocalises dans les aigüs ou dans les graves ne déclenchent pas plus de réaction d’un public terriblement froid et passif, la conclusion s’impose : la star de la soirée, c’est elle. Waouw !
Sur le plan musical, difficile de ne pas tirer un grand coup de chapeau à Yvan Cassard pour ses arrangements, sa direction et ses finesses au piano. Avec lui et au même niveau, la contrebasse de Benoît Dunoyer de Segonzac et la batterie de Nicolas Montazaud, toute en finesse. Un bien sympathique show familial et musical donc.

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