Qui m’aime me suive !
Coups de coeur, coups de gueule, critiques et autres avis tranchés sur à peu près tout

Dans le dur avant le final qu’il fallait : Avignon, Jour #3

Troisième et dernier jour de ce Off 2025, un troisième jour qui démarre un peu dans la difficulté. Je ne parle pas là ici de « L. » donné au Théâtre des Brunes parce que dans cette pièce Idalina Miranda donne vie avec talent à Lola, cette femme fascinée par le Cabaret Particulier, sans doute pour mieux cacher son lourd secret. Elle lui donne même vie avec beaucoup de talent, que ce soit dans le phrasé ou dans les passages chantés. Mention très bien donc pour la partie interprétation. On n’en dira malheureusement pas autant pour la mise en scène – ou plutôt l’absence de mise en scène tant ni décor ni accessoire mais seulement de la fumée pendant 1 heure ne me semble pas un gros travail de mise en situation – pourtant co-signée par l’artiste elle-même avec Aurélie Badol. Un réel regret pour une pièce qui mérite mieux par respect pour l’histoire et pour Idalina elle-même.

Non, je voulais parler ici de « Ama » et surtout de « Le Cid ». On sera plus clément d’ailleurs avec Sabrina Drif qui signe avec « Ama » son premier seul en scène. C’est sensible, ultra-personnel, touchant. Mais est-ce suffisant pour captiver l’auditoire ? Pas certain. Mais l’interprétation et la mise en scène de Sabrina Drif elle-même mérite au moins d’être saluées.

Pour « Le Cid », c’est plus compliqué. L’idée est plutôt bonne : réduire l’œuvre de Corneille à 2 comédiens pour 7 personnages. Mais de là à y adjoindre des morceaux musicaux ? Discutable… Non pas que Claire-Estelle Murphy n’y parvienne pas avec son piano mais l’exercice trouve lui-même ses limites quand elle passe à la flûte… accompagnée d’un piano enregistré ! La déception de ce Festival en ce qui me concerne…

Il ne restait donc plus qu’à espérer que la fin de soirée allait nous permettre de terminer en beauté, une fin de soirée – c’est un hasard – très tournée vers des aperçus du côté de Montpellier.
On commence par « Théâtrophobia » de Julien Masdoua à l’Atelier Florentin. Autant le dire tout de suite : c’est totalement déjanté… mais c’est un vrai régal. Original, foutraque, frapadingue, drôle, étonnant, tout ce que vous voulez… mais c’est un régal de la première à la dernière seconde. Accessoirement, cela n’empêche pas d’être une réflexion sur le théâtre en général, qu’il soit vu côté acteur ou côté spectateur. Félicitations donc à Julien Masdoua pour son écriture et son talent d’acteur et mention pour Lucia Izoird (aperçue à Montpellier dans « Le Complexe de la Fougère » et qu’il est toujours agréable de revoir.

Dans la foulée, avec la redoutable responsabilité de clôturer cette édition 2025 : « La face cachée du Walter’s Cabaret – l’enquête est ouverte », la pièce interactive signée Manon Palacios et Raphaël Plutino. Une pièce-enquête dans laquelle c’est le public qui désigne le coupable après 1 heure d’enquête et consultation d’un dossier d’enquête qui lui a été remis quelques minutes avant l’entrée en salle. On pourra toujours dire que le procédé « vote du public » n’est pas nouveau, n’empêche que l’histoire est plutôt sympa et que la proposition d’un meurtre à New York dans les années 30 à l’époque du Jazz et du Swing donne à Camille Lebreton (« Le Grand Soir ») et Manon PalaciosMontpellier, je t’aime ») l’occasion de nous produire de jolis airs a capella, ce qui est bien trop rare à notre époque.

Laisser un commentaire