Qui m’aime me suive !
Coups de coeur, coups de gueule, critiques et autres avis tranchés sur à peu près tout

Ingrid COURRÈGES : La générosité comme arme

Ingrid Courrèges, il se peut que vous la connaissiez : soit parce qu’elle a fait The Voice il y a quelques années, soit parce que pendant la pandémie de Covid-19 elle a beaucoup été le parangon des anti-vax ou a minima des covido-sceptiques. Mais Ingrid Courrèges, c’est plus que cela. C’est aussi celle qui – sur le modèle élyséen – a organisé des concerts dans des lieux privés, des granges, des garages qu’importe pour que la vie ne s’arrête pas, celle qui organise maintenant une deuxième tournée sur le même modèle économique : ouverte à tous avec un prix de réservation à… 1 € et une participation « au chapeau » !

Ce lundi à Décines près de Lyon, c’est encore une fois plus de 2h30 de spectacle qui a été proposé à ceux qu’elle appelle affectueusement ses « beaux sourires ». Oui de  « spectacle » et non de « concert » puisque la promesse est de rire, de chanter, de hurler et peut-être aussi de pleurer.
De fait on attaque bille en tête avec une petite demi-heure inaugurale très politique sur Macron ou son entourage, la pandémie, ce qu’il en reste… C’est vif, piquant, méchant parfois il faut le reconnaître mais la base line est respectée et on savait où on mettait les pieds. Si par hasard certains électeurs de cette sensibilité s’étaient égarés dans la salle, nul doute qu’ils soient alors en PLS !

Et puis le spectacle bascule très vite sur le récit de l’écriture toujours en cours du premier album. L’idée est de nous faire vivre de l’intérieur (pas un hasard si la tournée s’appelle « En coulisses ») la fabrication des premiers titres, les différentes versions, les chansons qu’on garde, celles qu’on ne garde pas… On est un peu dans la cuisine et c’est bien sympathique et instructif. On retrouve bien ça et là quelques piques – ou quelques balles réelles – contre l’establishment politique ou artistique mais c’est cette fois distillé avec tact et humour. Souvent noir mais humour. On croise ainsi au hasard un très beau mash-up Lac du Connemara/Dernier jour du disco en réponse à Juliette Armanet, une réponse à Mon amour de Slimane mais aussi de superbes créations comme Les aigles noirs. Le climax émotionnel est atteint sur la chanson du mariage d’Ingrid et Florian ou encore dans la foulée sur la chanson de celui qui part en premier. Au premier rang, on a la chance de voir les larmes rouler sur les jours de la jeune femme, obligée de faire durer quelques notes un peu plus longtemps que prévu pour ravaler quelques sanglots.

On nous avait promis de rire, de chanter, de hurler et peut-être aussi de pleurer : la promesse est tenue dans tous les domaines. Mais ce que l’on retiendra de cette soirée, c’est bien plus que ce que certains ont voulu faire d’Ingrid Courrèges : une carricature. Car la paloise est bien plus que cela : c’est une femme généreuse, sans fard, drôle, caustique, talentueuse, sensible, qui de toute évidence ne fait pas semblant de quoi que ce soit et prend visiblement un plaisir fou à être sur scène (ou même devant puisque pour ne pas être trop éloignée son choix avait été de se mettre devant le grand rideau et non sur le plateau). Et pour couronner le tout, c’est également une grande voix de 3 ou 4 octaves !

Que demander de plus à celle qui a fait de nous ce soir des privilégiés ? Ah si : une autre soirée ensemble !

Laisser un commentaire