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Le naturel de Philippine Lavrey

Le lieu : Aubagne et son Théâtre Comoedia, presque suranné, inconfortable mais beau, mythique et surtout centenaire cette année. La date : tout simplement une des seules dates avec celle du Havre (lieu de naissance de Philippine Lavrey) début avril ayant échappé au report en 2026 de la tournée 2025. Petits veinards que nous sommes !

La soirée débute avec Esmée, ses Jours heureux, sa chanson pour sa Mamie et sa collab avec Hoshi. Malgré un son micro largement perfectible, beaucoup d’émotion dans des textes superbement ciselés et surtout très personnels, qu’il s’agisse du syndrome de Gilles de la Tourette dont elle est atteinte mais qui – à l’instar de Billie Eilish – disparaît dès qu’elle chante, du harcèlement qu’elle a subi à l’école ou d’une relation toxique du passé. Maintenant tournée vers ces fameux « jours heureux » armée de sa pop urbaine, celle qui affirme que la musique « c’est (son) médicament, (celui qui) m’a sauvé la vie pour de vrai » séduit l’auditoire.

Place maintenant à Philippine Larey, sa guitare et son clavier. Enfin sa guitare… il faut le dire vite car quelques soucis électriques obligent Philippine à passer au clavier et à chambouler sa set list pendant toute la première partie du concert au moins. Pas grave : l’impro, le free style, on sent bien qu’elle est dans son domaine !

Les titres s’enchaînent ainsi, avec beaucoup de talent – ah cette voix délicieuse… – beaucoup de simplicité, beaucoup d’interations et de rires avec le public. Toujours seule à l’exception du titre qu’elle interprête en faisant revenir Esmée sur scène à l’occasion d’un duo aux voix à l’unisson, accompagnée de sa guitare (maintenant qu’elle fonctionne à nouveau), de son clavier ou aussi parfois de musique enregistrée, celle qui a également été répétitrice pour les Enfoirés alterne les grands classiques de son répertoire – de In the stars à Profil droit en passant par Méditerranée ou Libre à deux qu’elle fait reprendre à son public – et les moins classiques. De toute évidence, à l’approche de la trentaine qu’elle aura début juin, la jeune femme prend beaucoup de plaisir à être là.

Il est rare qu’à l’issue de leur concert les artistes aillent à la rencontre de leur public. Cela arrive parfois… surtout quand ils ont du merch à vendre. Rien de ceci avec Philippine Lavrey qui, bien que la production soit venue les mains dans les poches en termes de merch, sacrifie avec un plaisir non dissimulée et en prenant le temps qu’il faut pour chacun (2, 3, 4 minutes sans compter) à la traditionnelle rencontre/dédicace/séance photo.
A l’issue du concert au Kawa Théatre de Montpellier en février 2024, j’avais écrit de Philippine Lavrey qu’elle était « talentueuse » et « fraîche » (lire par ici…). Après Aubagne, j’y ajoute sans hésiter « généreuse ».

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