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Joli joli : Emballant !

5ème long métrage de Diastème après Le bruit des gens autour (2008), Un français (2014), Juillet août (2015) et Le monde d’hier (2021), Joli joli est une comédie musicale qui se déroule dans les années 70 entre Paris et Rome et qui raconte les chemins vers l’amour d’une dizaine de personnages dont les deux principaux interprétés par Clara Luciani et William Lebghil. Les références aux Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy sont légion dans la presse et le film est coproduit par Disney + : si tout cela n’est pas casse-gueule, qu’est-ce que c’est ?

Disons-le tout de suite, c’est une grande réussite. On le comprend d’ailleurs très vite dès le superbe générique d’ouverture et dès la première chanson : on va se régaler ! Et de fait on se régale sans réserve tant le kitch est assumé mais surtout de qualité. Tout est d’ailleurs de qualité : les décors, les costumes, les chansons d’Alex Beaupain, la musique – « Il fallait des cordes, des cuivres, un grand orchestre, donc il faut trouver des moyens pour le faire » affirme Diastème – les playbacks, la lumière, les chorégraphies… Côté technique toujours, mention spéciale à La Brigade du titre pour les deux génériques et big-up à Vanessa Filho pour les photos finales.
C’est plein d’un humour discret, parfois très drôle comme le passage unique mais tellement réussi de Thomas VDB ou la chanson des éboueurs, plein de références au cinéma des années 70 qui font plaisir à voir et qui émeuvent, qu’il s’agisse de la blondeur deneuvienne de Clara Luciani, de Cinecittà, de la vendeuse de journaux, de Paul Belmondo tellement Jean-Paul Belmondo ou de la longue liste des mythiques salles des Champs-Elysées (jusqu’à 65 salles à cette époque, toutes disparues aujourd’hui). C’est plein de clins d’œil sociétaux avec la place des homosexuels dans la société, celle des femmes dans le cinéma, TF1 avec un trio de journalistes peu glorieux ou encore la vie avant le téléphone portable… C’est plein de tout cela mais c’en est plein avec subtilité, ce qui reste essentiel.

Côté casting, on est sur du XXL avec José Garcia, Grégoire Ludig, Vincent Dedinne, Laura Felpin et donc bien sûr Clara Luciani et William Lebghil. Tous sont excellents. On croise également au passage quelques guests connus comme Jean-Pierre Lavoignat ou le mythique duo de Geli Aliénor de la Gorce et Frédéric Andrau.

Certains diront sans doute que c’est facile, que c’est perfectible. Si l’on se réfère au personnage de l’infirmière qui débarque un peu comme un cheveu sur la soupe, ils auront sans doute en partie raison. Mais qu’importe !
J’avais été bouleversé par Geli à Avignon – je le suis d’ailleurs toujours – je suis emballé par Joli joli, pourtant aux antipodes. Mais cinéma et théâtre sont là pour donner des émotions et Diastème – décidément un grand – une nouvelle fois atteint son but. Laissez vos préjugés à l’entrée de la salle, accordez-vous un excellent moment et courrez voir cette petite bulle de Champagne qu’est Joli joli !

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