Je ne sais pas dire si Finalement est le meilleur film de Claude LELOUCH, son pire ou s’il se situe dans la moyenne haute ou basse de ses livraisons. Celui-ci n’est en tout cas pas le plus simple dans son approche et l’histoire, complexe, n’est sans doute pas à la portée des spectateurs non avertis.
Le pitch semble pourtant simple : privé de sa capacité de mentir par une maladie, un avocat se lance dans un road-trip qui lui permet de redécouvrir les vraies valeurs de la vie. On retrouve bien sûr tous les marqueurs des films de LELOUCH (la famille, les femmes, les personnages qui se croisent, les couples, les hasards et les coïncidences) mais avec ses références affichées ou plus discrètes à certains films qui l’ont marqué (Sur la route de Madison) ou à ses propres films (L’aventure c’est l’aventure, La bonne année), ses personnages lelouchiens (celui de Kad MERAD – excellent – s’appelle Lino, il croise au travers de ses pérégrinations Jésus et Dieu) ou encore la Seconde Guerre Mondiale l’objet tourne parfois à l’auto-hommage, à l’ode à soi-même et on se perd parfois entre les différents tiroirs ouverts par le Maître.

Une fois posées ces petites réserves, il reste une manière de filmer qui n’appartient qu’à lui-même, une distribution réussie (Kad MERAD qui porte le film sur ses épaules mais aussi une légendaire Françoise FABIAN, un étonnant Michel BOUJENAH, Sandrine BONNAIRE ou encore Elsa ZYLBERSTEIN pour ne citer qu’eux faute de quoi la liste serait trop longue), une très belle musique signée Ibrahim MAALOUF sur des parole de Didier BARBELIVIEN sublimement mises en valeur par la voix tout en retenue, parfois susurrée, de Barbara PRAVI.
Quant au message, certains y verront l’éternel optimisme du réalisateur, son apaisement, d’autres y verront son aigreur en mode « c’était mieux avant ». Faîtes-vous vous-même votre propre opinion !
Je ne sais toujours pas dire si Finalement est le meilleur film de Claude LELOUCH, son pire ou s’il se situe dans la moyenne haute ou basse de ses livraisons. Mais un film de Claude LELOUCH reste quoi qu’il arrive un objet d’art, un objet aussi précieux que son réalisateur dont il faut être bien conscient de la chance que nous avons de l’avoir dans le Cinéma Français.

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