Qui m’aime me suive !
Coups de coeur, coups de gueule, critiques et autres avis tranchés sur à peu près tout

Cali l’enchanteur

Il est entré en scène – si l’on peut dire – par le balcon. Se faufilant dans les rangées, dansant avec certains, enlaçant d’autres, il bouleverse déjà avec sa Roberta. Une fois redescendu, après avoir traversé la fosse de la Cigalière et rejoint la scène, il enchaîne sur Sweetie avec dans le rôle de Sweetie la photographe de plateau bien embarrassée mais aussi aux premières loges pour faire de superbes photos… et être prise elle-même pour modèle par un Cali que l’on sent déjà très en forme.

Car oui, c’est bien de Cali que l’on parle. Cali, le chanteur engagé, parfois énervant mais surtout Cali qui revisite ce soir en mode piano-voix son premier album L’Amour Parfait sorti il y a 20 ans. C’est ainsi qu’après l’ouverture sur le tandem Roberta/Sweetie et une incursion chez Springsteen puis U2 (With or whithout you) les titres de l’album aux 500.000 ventes défilent : C’est quand le bonheur, Elle m’a dit, Pensons à l’avenir, Dolorossa, Fais de moi ce que tu veux, Différent… On note au passage quelques notes d’Abba et des Pogues et on se régale. Il faut dire que l’homme est bien accompagné avec Steve NIEVE en magicien des claviers et de la voix sur certains titres.

Avec Tout va bien, Cali cueille une nouvelle fois le public. Il faut dire que les paroles sont au scalpel : Et la nuit s’avance vers mes cinquante-cinq ans / Je crois, je ne suis plus fou / Nu face au miroir, j’inspecte ce corps
Usé, fatigué, mais debout / Suis-je à la moitié, suis-je à la fin ? / En tout cas, ce n’est plus le début / Cette vie m’a mâché, avalé, dégueulé / J’ai si peur d’avoir tout vu pourtant / Bien sûr, je suis seul / Mais qui n’est pas seul au milieu de cette grande nuit ? / Cette nuit qui rampe, froide et muette Vers la cinquante-cinqième année de ma vie…
Comme l’a écrit Les Inrockuptibles, « le pus des plaies internes du chanteur suinte à chaque chanson de L’Amour parfait »

C’est alors l’heure des prolongations. Des prolongations qui débutent avec la voix de Jane Birkin (La Javanaise) avant que Cali lui-même ne reprenne Quoi puis enchaîne avec Comme j’étais en vie et People have the power de Pattie Smith. Des prolongations qui se poursuivent comme tout avait commencé, avec un chanteur une nouvelle fois monté au balcon pour y délivrer un extrait de La Fille du Coupeur de Jointts de Thiefaine mais surtout une version émouvante de Nous sommes des milliers.
Un dernier coup de gueule – non le chanteur engagé n’est pas mort ! – en faveur de Guillaume Meurice et Paul Watson et c’est Pas La Guerre qui boucle ce concert de plus de 2h30 passées à une vitesse déconcertante et sans bla-bla. Sortie du duo via la fosse avec Steve NIEVE au petit accordéon et a capella.

Alors c’est vrai, ni Adamo, ni Benabar pas plus que de Calogero, Stephan Eicher, Olivia Ruiz ou autre Peter Kingsbery à la Cigalière ce vendredi soir, aucun de ces artistes que Cali a invité sur son album-anniversaire. Mais qu’importe : le perpignanais se suffit à lui-même. Sur scène, il y a du Higelin dans cet homme-là ! Et si la chevelure est un peu moins ondulée qu’il y a quelques années (avec des petits airs de -M- parfois) le poète et surtout sa voix, sa tendresse et sa proximité avec son public demeurent. Que demander de mieux ?
Merci Bruno !

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