L’idée était séduisante et a priori elle a beaucoup plu à Jérôme MARIN : transformer un lieu – l’amphithéâtre du Domaine d’O – a priori hostile (en tout cas non prévu pour cela) et le rendre prêt à accueillir son cabaret « Le Secret » et ses extravagances. De fait, le lieu est radicalement transformé puisqu’outre que les places soient dénumérotées le temps d’un soir, le plateau lui-même accueille autour d’une petite scène surélevée quelques dizaines de tables et de chaises et une annexe du bar du Bistro d’O à laquelle chacun peut aller s’approvisionner en solide ou en liquide puisqu’elle y propose quasiment les mêmes plats, des huîtres en plus ! Derrière mais toujours visible de tous, sur toute la largeur s’étalent les tables de maquillage derrière lesquelles les artistes se préparent avant le début du show ou se changent entre deux numéros.
Dans son costume de Monsieur K. avec jupon noir et chapeau-claque, Jérôme MARIN explique lui-même la règle du jeu en ouverture de spectacle. Et elle est fort simple : il n’y en a pas ! « Ce soir, vous n’êtes pas pas au théâtre » affirme t’il. « Vous êtes au Cabaret. Vous êtes libres de circuler pendant les numéros, entre les numéros, pour aller vous chercher à boire.«

C’est ainsi que débutent quasiment 3 heures d’un spectacle tout à la fois coloré, ébouriffant, enthousiasmant, extravagant, génial et bien plus encore. Quasiment tous les numéros sont chantés et accompagnés par piano, accordéon, violoncelle et violon.
Drag, queer, trans, transformistes ? En tout cas pour interlopes, « dans l’entre-deux » comme le dit lui-même Jérôme MARIN, les créatures les plus excentriques, les plus surdimensionnées se succèdent ainsi dans des passages tous de qualité (excepté sans doute le numéro de fakirisme, très honnêtement le seul point faible de cette soirée délirante). On revisite ainsi PIAF (David NOIR), Jacques HIGELIN, Mylène FARMER et quelques autres, avec également des chansons originales. On touche aussi le remarquable avec La Baronne du Bronx, Bouche du Rhône dans une sensationnelle revisite de Shallow de Lady Gaga ou encore avec cette la version gore/vampire du mythique J’ai un problème de Johnny HALLYDAY et Sylvie VARTAN.
Tout cela se termine sur le plateau par une chenille (La Bande à Basile), dans une ambiance de fête et devant un public debout. Il est bientôt 1 heure du matin et il va falloir rentrer mais Dieu que tout cela était joyeux !











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