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Maupassant à fleur de peau

Du Maupassant au théâtre… Même moi j’arrive encore à me surprendre dans mes choix ! Il faut dire que je me suis laissé tenter par un post Facebook d’une certaine Laura G. et que j’ai une tendance très naturelle, quand je connais un lieu et que je suis satisfait de sa programmation, à faire confiance à la ligne éditoriale maison. C’est le cas pour des raisons différentes avec La Comédie du Mas du Pont, le Printemps des Comédiens ou ici le TRAC. Va donc au dernier moment pour Une vie, la course au bonheur de Véronique BOUTONNET, d’après le premier roman de Guy de Maupassant.

Une vie, c’est l’histoire sur plusieurs décennies de Jeanne, mariée dès ses 17 ans au vicomte Julien de Lamare. Bien entendu, celui-ci n’attend pas très longtemps pour la tromper d’abord avec sa domestique Rosalie dont il aura un enfant, ensuite avec une de ses amies et voisine. Jeanne elle-même aura deux enfants, Paul qui ne cessera de dépenser abusivement tout l’argent de la famille et une petite fille mort-née. Tombée dans la dépression après avoir été obligée de vendre Les Peuples, le château familial, elle ne retrouvera finalement un brin de bonheur qu’avec Rosalie, revenue habiter avec elle un peu par pitié et avec sa petite fille que Paul va lui confier parce qu’il ne pouvait pas l’élever seul.

Une vie, la course au bonheur c’est deux personnages, sans doute une mère et son fils, dans un décor genre chambre hôtel. Ils nous racontent l’action. Ils nous racontent l’action mais pas seulement car à eux deux ils nous interprètent également tous les personnages du roman, jonglant de l’un à l’autre sans question de genre dans une fluidité étonnante. Ça et là quelques morceaux de guitare ou quelques chants (Franck ETENNA et Victor DUEZ pour la musique) permettent de préciser le décor.

Le décor, parlons-en : comme cette mise en scène inventive et précise, millimétrée, c’est une totale réussite. Grand bravo à Richard ARSELIN également créateur des lumières. En plateau, Véronique BOUTONNET et Victor DUEZ s’emparent avec talent de tous leurs personnages pour nous faire traverser les années avec eux. tantôt dans le rire, tantôt dans les larmes.
Laura tu avais raison : c’est tout simplement un sans-faute.

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