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Extra life : l’esthétisme seul peut-il suffire ?

C’est la question philosophique de la soirée, vous avez 2 heures !

La feuille de salle donne le ton d’entrée : « Gisèle VIENNE met ses outils artistiques au service d’une déconstruction des structures perceptives et psychiques déterminées par les cadres socio-politiques imposés, tels le patriarcat et le capitalisme ». Clairement on n’est pas sur du Feydeau !

Le grand plateau du Jean-Claude-Carrière est nu, vide de tout décor. Seule une voiture est sur la gauche, celle dans laquelle le frère et la sœur se retrouvent après une nuit de fête pour évoquer le drame vécu 20 ans auparavant. Tout se joue dans un noir quasi permanent au travers duquel percent quelques lumières blanches ou rouges, quelques lasers verts ou rouges aux aussi. Hazer et machines à fumée lourde tournent souvent à plein régime pour embellir ce superbe travail signé Yves GODIN. Ajoutez à cela la musique de Caterina BARBIERI et les créations sonores d’Adrien MICHEL : vous avez un ensemble d’un esthétisme fou.

Le reste est plus compliqué. Pour « déplier sur scène le cauchemar de l’inceste » comme le dit elle-même Adèle HAENEL, Gisèle VIENNE alterne théâtre et chorégraphie, même si on est dans une économie de mouvements comme de mots. On n’est plus vraiment dans du théâtre, pas non plus dans de la danse, pas non plus entre les deux. C’est une forme différente qui nous est proposée, extrême parfois. Un OTNI : Objet Théâtral Non Identifié. Les INROCKS parlent de « visions dignes de celles de Stanley KUBRICK dans 2001, l’Odyssée de l’espace »

Pour les plus curieux, pour les esprits les plus ouverts l’expérience mérite d’être vécue. Mais c’en est trop pour quelques spectateurs qui abandonnent le navire en cours de route. Ce type de spectacle n’étant pas destiné à connaître un succès populaire, il n’est guère surprenant que la fin soit ponctuée d’applaudissements plus polis que nourris. Et si on n’ira pas jusqu’à la condamnation de Télérama À la sortie, on ne sait même plus ce qu’on a vu. Et l’interprétation des comédiens ne sauve rien »), on notera quand même que le discours final sur le drame palestinien lu au nom de la Compagnie a recueilli plus de succès que la pièce elle-même.

« L’esthétisme seul peut-il suffire ? » demandais-je en introduction. Il est l’heure de relever les copies !

2 réponses à « Extra life : l’esthétisme seul peut-il suffire ? »

  1. […] pour l’idée géniale du carré VIP de l’orgasme. Après Extra life vendredi soir (lire par ici…), ça fait du bien […]

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  2. […] il y a 15 jours : je vous avais fait part ici de mes grandes réserves sur le spectacle Extra life de Gisèle VIENNE donné dans le Théâtre […]

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