29 août 1987 – 19 novembre 2023 : un peu plus de 36 ans après le concert historique de Madonna au Parc de Sceaux devant plus de 100.000 personnes (mon premier et sans doute dernier concert de cette taille), l’occasion était trop belle de boucler la boucle avec la Madone en profitant de son passage à Bercy-Accor Arena pour sa tournée Celebration Tour. Dès janvier, les places sont in the pocket (300€ quand même, sans compter les faux frais pour aller à Paris 2 jours) et il n’y a plus qu’à attendre la date fatidique… Grosse alerte cet été avec l’hospitalisation de la star suite à une infection bactérienne mais finalement la reprise de la tournée est confirmée. Ouf !
Arrive donc la fameuse date du 19 novembre, 3ème des 4 dates parisiennes de la tournée. En première partie, un DJ impassible nous sert des sets électros pendant 45 minutes, tout seul perdu au milieu du grand dispositif scénique, sans trop bouger, sans être filmé. Bof, très bof. Pas très excitant, pas de quoi faire bouger un public très patient. Comme lors du concert du 12, le vrai show débute avec plus de 1h40 de retard… sans toutefois l’excuse du souci technique du projecteur.
C’est Bob, le drag-queen vainqueur de l’émission Ru Paul Drag Race, qui ouvre le bal en racontant l’arrivée et les début de la petite Madonna Louise CICCONE à New-York à l’âge de 19 ans. Costumé en Marie-Antoinette, il lance une séquence d’une heure environ totalement superbe que ce soit musicalement ou scéniquement : Nothing really matters, Open your haert, Burning up ou autre Hollyday jusqu’au tableau hommage à ses amis/connaissances morts du SIDA (Martin BURGOYNE, son colocataire dans les années 1980 à New York. Christopher FLYNN, son ancien professeur de danse, Herb RITTS le photographe…) – le plus beau et le plus émouvant de la soirée à mon avis – qu’elle traverse sur une nacelle suspendue sur In this life. Séquence émotion pour celle qui s’est toujours impliquée dans cette cause, parmi les premières, payant pour certains leurs frais médicaux et récoltant des fonds. Autour d’elle, dans des costumes somptueux, les danseurs de La Horde.
Même à 65 ans, même avec une énorme genouillère (problèmes de cartilage) qui finalement s’intègre presque parfaitement dans ses différents costumes, Madonna fait mieux qu’assurer.

La suite est plus inégale, avec une alternance de titres hyper trafiqués comme Erotica, Justify my love, Die another day ou Ray of light (trop de réverb, trop de basses, trop d’autotune, trop techno, trop de beaucoup de choses…) et de titres impeccables. En termes de spectacle en revanche, aucune baisse sur la qualité esthétique de ce qui est proposé.
Le show s’achève après 2h20 de grand spectacle au milieu duquel Madonna se sera adressée par deux fois au public, petites fenêtres de 5 à 10 minutes à chaque fois au travers desquelles on a pu ressentir un petit sentiment de spontanéité, de sincérité et de proximité.
Reste donc le seul bémol de l’opération : l’absence de musiciens et le play-back. Car oui, vous pouvez toujours chercher sur les photos ci-dessous, vous ne trouverez pas l’ombre d’un musicien sur scène. Les seuls instruments utilisés lors de cette tournée sont un piano sur lequel sa fille Mercy James l’accompagne sur un titre et la guitare dont elle s’empare elle-même sur deux titres dont un étonnant I will survive acoustique. Tout le reste de la musique n’est que de la musique enregistrée. Idem pour la voix. J’ai lu quelque part que Madonna chantait « pour de vrai » 25 titres ou bouts de titres sur les 45 évoqués. Je ne sais pas si la proportion est exacte mais clairement une petite partie est chantée – et on retrouve alors la vraie Madonna – et une plus grande play-backée. Parfois même sans elle sur scène, comme pour ce mash-up Like a Virgin / Billie Jean avec son ombre chinoise et celle de Michael JACKSON portées sur écran… et sa voix de jeunesse !
Même si son directeur artistique de tournée Stuart PRICE assume la chose au prétexte que « ce que le public veut retrouver, ce sont les sons et les voix de l’époque », on touche pour moi la limite du spectacle vivant. Il y a déjà par ailleurs le concert hologramme d’Abba, la prochaine étape sera-t’elle des sosies ou des doublures ?
Il reste au final un show sensationnel dans une salle très bien choisie pour sa taille raisonnable et surtout la sensation et m’émotion d’avoir pu constater que même si les années passent, la patronne reste la patronne. Madonna, par sa carrière et son histoire, reste une star planétaire et une artiste engagée.















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