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Pressées : Quand l’attente finit par payer

Curieux spectacle de danse dans lequel la danse pure n’occupe qu’environ la moitié du temps, l’autre moitié étant composée de corps en attente desquels seuls les bras ou les mains bougent, de corps qui marchent et semblent chercher, de corps qui glissent jusqu’à disparaître. Il faut dire que c’est ce qui a inspiré Pressées à la chorégraphe Noémie PETIT GILLES de LA SOIF Compagnie : « L’attente a bel et bien été le point de départ de cette première création (…) J’ai cette sensation d’avoir souvent attendu (…) Une boucle infinie où, entre autres, je n’ai pas arrêté d’attendre qu’on m’autorise enfin à danser ».

Créé à 4 danseuses en mars 2022 au Trioletto de Montpellier, le Pressées proposé ce mardi à la Comédie du Mas du Pont est une version à 3 avec Louise BAUDE, Elise PILLOIS et Noémie PETIT GILLES elle-même.

Les tableaux alternent ainsi jeux de doigts, de mains, de bras, de corps, danse à deux ou à trois, souvent dans le silence le plus complet, parfois en musique, laissant le spectateur imaginer l’attente, l’impatience, peut-être l’angoisse aussi puis enfin l’activité qui libère, parfois jusqu’au trop-plein d’énergie.
Certains sont somptueux : la danse des mains (qui rappellerait presque celle des petits pains de CHAPLIN dans La ruée vers l’or), cette tête et ces avant-bras qui apparaissent seuls éclairés au milieu d’un noir total, cette pluie de gros confettis argentés, cette boîte en bois qui finalement s’ouvre pour libérer sa lumière, le trio dans les rais de lumières jaune… La chorégraphie marque les esprits et la création lumière de Mallory DUHAMEL est remarquable.

50 minutes de plaisir pour les yeux devant un public conquis : une « première » à renouveler pour l’établissement du Crès !

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