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Gabi HARTMANN : Voyage en 1ère

Elle est entrée sur scène dans sa petite robe noire, presque timidement, après ses musiciens, s’est saisie de sa guitare et a enchaîné une demi-douzaine de titres en français ou en anglais sans jamais s’exprimer ou presque. On a bien eu un « bonsoir » poli après le premier titre suivi un peu plus tard d’un « c’est la première fois qu’on joue à Montpellier » presque timide mais on devine que Gabi HARTMANN est plus à l’aise au chant qu’au dialogue. C’est doux, c’est suave, c’est plaisant, c’est talentueux mais il manque ce petit quelque-chose qui permette de casser la barrière entre l’artiste et le public.

Et puis survient ce mix improbable entre une chanson de Fernandel (Je n’ai jamais compris) et un morceau arabo-soudanais (Azza Fi Hawak) suivi d’une réinterprétation toute personnelle de Maladie d’amour (oui, oui, la Maladie d’amour d’Henri SALVADOR) et d’un titre sur un rythme de coco (une danse brésilienne). Et dans la foulée la Mer, titre militant sur les migrants composé en 2015 et inspiré par Charles TRENET : le concert est maintenant bien lancé !

On voyage beaucoup avec Gabi, au gré de ses titres en anglais, en français, parfois en anglais et en français, en portugais et même, on l’a vu précédemment sur un titre, en arabo-soudanais. Au gré aussi d’une composition sur un poème israélo-belge. Au gré encore de ses influences jazz d’Afrique du Sud, du Ghana ou du Brésil ou elle a prolongé un séjour universitaire après quelques études d’ethnomusicologie. Une belle « collection de photos » comme le dit elle-même la parisienne de 31 ans à propos de son album.
Autour d’elle, on remarquera le brillant soutien de Bruno MARMEY aux percussions, d’Elaine BEAUMONT à la contrebasse mais surtout une vraie pianiste (un vrai piano, c’est si rare !) et Abdoulaye KOUYATE à la guitare.

On est dans le soft-power, bien loin d’envolées vocales ou d’exploits incroyables à faire dresser les foules mais ce voyage, on le fait dans les conditions du luxe d’une 1ère classe. « Un vrai sucre d’orge » me glissera l’ami qui m’accompagne ce soir. Et même si l’écrin choisi par les Internationales de la Guitare pour ce concert – le théâtre Jean-Claude-CARRIERE du Domaine d’O – à mon avis n’était pas le plus judicieux (et d’un on y est très mal au niveau des jambes et de deux le plateau est trop grand et pas assez intimiste pour ce style de musique), on s’est régalés !

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